Le Livre du clan Goran. Chapitre 6.

Rédigé par Dain le 30 novembre 2011 | Classé dans Midnight, Textes
Mots clés : midnight, textes

Le livre du Clan Goran
Chapitre 6: Les anciens terrains de chasse

Notre petit repos dans la caverne est terminé et nous devons nous remettre en route en direction du sud-Est, une région où devraient se trouver nos anciens terrains de chasse. Meloc pense qu’il nous sera facile de déterminer si les hordes de l’Ombre sont passées là. Les troupes ont les mêmes besoins que nous en terme de nourriture et leur nombre est incalculable. Contrairement à nous, ils n’ont que faire d’épuiser les ressources naturelles, de garder un peu de nourriture pour le futur. Non, les Odrendors n’hésitent pas à tout prendre, tout dépouiller. En fin de compte, nous devrions pouvoir utiliser cela à notre avantage, pister leur parcours et connaître leur position. Nous espérons aussi qu’une fois la zone de transit mise à nue, les troupes de l’Ombre n’auraient aucun intérêt à revenir en arrière, sans aucun moyen de remplir les estomacs. Nous pourrions ainsi nous cacher dans leur sillage.

Cela nous a pris deux jours pour arriver dans la caverne que Meloc recherchait. Les méandres de la montagne ont beaucoup bougé depuis ces dernières années et nombre de repères qu’il se rappelait ont disparus, ou les conduits y menant sont désormais infranchissables. L’émotion que nous avons éprouvée lorsque nous sommes arrivés dans la grotte peine encore à disparaître. Cette caverne est un ancien vaste champ de champignons de culture et semble ne pas avoir été touché par quiconque depuis longtemps, au point que ceux-ci atteignent des tailles incroyablement grandes. Nous n’avons quasiment pas trouvé de signes comme quoi la zone serait entretenue par un clan, ni servant de repas régulier pour des troupeaux domestiqués ou sauvages. Cela nous réconforte et nous fait peur à la fois. Qu’un tel champ ne soit pas entretenu par personne signifie que l’Ombre n’est pas venue en ce lieu depuis plusieurs années, et quand bien même elle connaîtrait jusqu’à son existence. Mais qu’aucun animal ne soit venu se repaître d’une nourriture aussi abondante signifie que notre ancienne zone de chasse, riche et pérenne semble avoir disparue, le gibier ayant été massacré jusqu’au dernier ou déserté tout le secteur.

Avec autant de nourriture et d’eau potable à portée de main, nous pensons qu’établir notre camp ici est une bonne idée. Cela devrait nous permettre d’en savoir plus sur la région et explorer les cavernes situées plus à l’Est. Nous faisons attention à tout, établissant par exemple notre feu dans un creux de la caverne. La roche et les champignons limitent l’expansion de la lumière et sa propagation au reste des souterrains, précaution au cas où quelque chose ou quelqu’un passerait non loin. Quant aux paillasses, nous avons décidé qu’elles seront posées dans une zone étroite où l’on ne pourrait approcher que d’une seule direction. Nous pensons que des tours de gardes, de deux personnes, sont nécessaires. Chaque personne prendra son tour, moi y compris. Peu importe l’aspect inviolé des environs, en dehors de notre forteresse, nous savons que nous ne sommes pas en sécurité. Quelqu’un ou quelque chose a fait fuir les animaux et il vaut mieux rester prudent, au cas où l’envie lui prendrait de revenir faire un tour par ici.

Un fait très intéressant. Les trois frères viennent de suggérer de remplir au maximum nos réserves de nourriture avec tous les champignons alentours. Cela nous a semblé bien avisé, du fait que nous ne savons pas si et quand nous pourrons rencontrer un tel étalage de nourriture de bonne qualité. Mais alors qu’ils s’apprêtaient à faire leur récolte, le nain sauvageon s’est mis à vociférer avec une fureur que l’on ne lui connaissait pas. Il s’est ensuite rué entre les frères et les champignons, visiblement bien décidé à ne pas les laisser poursuivre leurs exactions. Face à tant de véhémence, je me suis interposé pour les séparer. Cela fut très difficile de communiquer avec le sauvageon, du fait qu’il ne parle pas notre langue et qu’il s’exprime par gestes et en imitant apparemment certains animaux. Que cela soit dans un but de ne pas se faire détecter par autrui ou pour une autre raison, cela reste encore un mystère. Il s’est ensuite mis à s’agiter soudainement en quête de quelque chose autour de lui. Il jeta finalement son dévolu sur les restes de mandibules d’une carcasse d’insecte mort depuis longtemps et gisant non loin. Il s’approcha ensuite des champignons avec son trésor et se mit à couper de petits bouts de nourriture pour les mettre dans sa main. Fier de son geste, il nous montra son minuscule bout de champignon avec une joie non dissimulée. Je mis un certain temps à comprendre mais réalisais finalement la nature de son excitation. Il nous montrait comment faire en sorte de camoufler la prise de nourriture comme si nous étions des insectes géants. En fin de compte, si les éclaireurs de l’Ombre passaient par là, ils noteraient sans effort notre récolte, mais ne tiendraient aucunement note de champignons grignotés par quelques insectes locaux. Notre petit ami sauvage venait probablement de nous sauver la vie. Je commence lentement à comprendre comment ces sauvageons peuvent survire si longtemps au sein des Kaladrunes, même en terre occupée.


Auteur: Eric "Kane" Olson
Traducteur: Fred "Dain" Lipari
Relecteur: Raph "Cerbere" Roose, Nico "Arkane" Delzenne, Franck "LeSchti" Rubio

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