Le Livre du clan Goran. Chapitre 5.

Rédigé par Dain le 27 novembre 2011 | Classé dans Midnight, Textes
Mots clés : textes, midnight

Le livre du Clan Goran
Chapitre 5: En terre inconnue

Je prends le temps de rédiger quelques notes, afin qu’elles puissent servir à d’autres si jamais je devais tomber. Nous avons quitté le clan lors de la ronde de nuit. Les adieux avaient déjà été fait durant la journée et personne ne nous a vu partir. Une grande route nous attend, nous avons bien fait de partir à l’insu des nôtres. Nous avons marché presque deux jours d’affilée en direction du Sud et bifurqué légèrement vers l’Est, vers une zone de chasse scellée des années auparavant. Prévoyant notre venue, les équipes de mineurs avaient fait leur travail, déblayant juste assez le passage pour que l’on puisse circuler un par un. C’est toujours très impressionnant de voir à quel point tout est fait pour rendre la roche aussi naturelle que possible, qu’aucun mur ne porte la marque d’une pioche ou d’un outil divers. Bien qu’invisibles pour le moment, nous savions que les équipes de travail étaient là, quelque part, attendant que nous passions pour sceller le tunnel derrière nous. Ils feraient alors en sorte d’obstruer le boyau afin que cela ait l’air d’un effondrement naturel. Dans notre cas, dissimuler la vérité valait bien mieux qu’une épaisse fortification de plusieurs mètres de haut.

Le tunnel que nous avons emprunté par la suite était vraiment très étroit. Laissé à l’état brut, il avait été creusé par l’érosion et autres mouvements naturels de la roche. De ce fait, il restait humide et si petit que nous pouvions à peine circuler de front. Quant à Balten et l’un des trois frères, Darol, leurs carrures sont si développées qu’ils ont du marcher de biais, en collant le dos à la paroi. Sur près de la moitié du trajet, je fus même obligé de me tenir à quatre pattes et tirer mon paquetage derrière moi. La zone était couverte de débris et de poussière. Même respirer avait été difficile et je dû mette un linge sur ma bouche pour éviter de suffoquer. Le goût de la poussière a du mal à partir et ma bouche est encore pâteuse. Même l’eau ne semble pas suffisante pour l’humidifier. Au moins, je me console que rien ni personne n’a emprunté ce tunnel avant nous, et ce depuis qu’il a été scellé.

Nous sommes sortis finalement du tunnel après presque trois heures de lente et laborieuse ascension, dans une caverne relativement grande. Je suis complètement épuisé et très content que Meloc nous ait proposé de nous arrêter pour nous reposer et réajuster nos paquetages. Il était alors le seul d’entre nous à avoir jamais utilisé ce tunnel, et encore, une seule fois, et cela remonte à une douzaine d’années. Ammos en a profité pour examiner les rochers alentours. Après seulement quelques minutes, il a réclamé notre aide, et nous avons du soulever et déplacer quelques gros rochers afin d’obstruer le passage que nous venons d’emprunter. Nous avons manifesté notre inquiétude concernant les traces laissées dans le tunnel et il nous a confirmé l’impossibilité de les dissimuler. Les trainées laissées par nos paquetages et la quantité de débris charriés sont impossibles à nettoyer. La seule option est de colmater au mieux l’entrée afin d’empêcher les renifleurs gobelins de pister le chemin jusqu’à l’entrée de la forteresse. Ammos dit qu’il devrait réussir à camoufler la zone afin de la rendre aussi anodine que possible, la faisant ressembler à une simple fissure dans le mur rocheux, et ce en moins d’une heure.

Je ne suis jamais venu dans cette caverne mais je pense parvenir vaguement à me situer. La route principale menant à Calador doit se trouver à une demi-douzaine de jours encore, vers l’Est, à condition qu'une voie directe se dresse devant nous. De plus, selon moi, la forteresse naine la plus proche doit aussi se trouver à quelques jours à peine, au Nord-Est. Nous allons discuter de la marche à suivre prochainement mais quelque chose nous gène, nous rend mal à l’aise. La caverne dans laquelle nous nous trouvons est étrangement silencieuse, même en considérant que nous nous trouvons très loin de la moindre route praticable. Aucun son naturel ne nous parvient. Aucun son de goutte d’eau suintant et tombant d’à travers les fissures, aucun son de vermines rampantes, aucun son même parvenu des profondeurs de la terre ne nous parvient. Tout semble mort, ou éteint. La seule source de bruit vient de nos travaux d’obstruction et des discussions feutrées au sein du groupe. J’éprouve une drôle de sensation, comme si la vie avait fui la région. La question douloureuse est de savoir si tout cela n'est qu'une simple conséquence à la venue de l’Ombre ou la suite aux exactions de quelque horde d'abomination vorace. Nous sommes partis en quête d’un futur pour notre clan mais je commence à me demander si quoi que ce soit a vraiment réussi à survivre hors de notre propre forteresse.


Auteur: Eric "Kane" Olson
Traducteur: Fred "Dain" Lipari
Relecteur: Raph "Cerbere" Roose, Nico "Arkane" Delzenne, Franck "LeSchti" Rubio

Commentaire(s)

lundi 28 novembre 2011 à 06:54 LeSchti a dit : #1

Ca avance, ça avance. Que du bon, ces récits nous entrainent vraiment dans cette quête de savoir. Merci à Kane.

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