Le Livre du clan Goran. Chapitre 4.

Rédigé par Dain le 07 novembre 2011 | Classé dans Midnight, Textes
Mots clés : texte, midnight

Le livre du clan Goran
Chapitre 4 : Le départ

Je fus surpris par la rapidité à laquelle nous nous étions préparé pour le départ. De nous tous, seuls Ammos, Meloc et moi avions toujours de la famille au sein du clan. J’avais, en ce qui me concerne, élevé mes enfants selon les vieilles traditions et nous avions ainsi passé les derniers moments à se remémorer les bons jours et s’échanger quelques bibelots, le tout sans ambages. J’avais décidé de laisser mes vieilles armes, des legs familiaux qui allaient désormais revenir à l’ainé de mes fils. Pour les remplacer, j’avais choisi une hache toute simple et fraichement forgée ainsi qu’une pioche de mineur ; Des armes de bonne facture mais d’une qualité sans aucune commune mesure avec celles que je laissais derrière moi. Pour Meloc, le cérémonial du départ fut très similaire au mien. A mon instar, lui aussi arborait de nouvelles armes, plus appropriées au combat sans bouclier.

Nous avions envoyé des éclaireurs aux postes d’observation afin de s’assurer qu’aucune patrouille de l’Ombre ne se trouvait dans les parages. Pour notre sortie, nous avions choisi un endroit peu fréquenté, à l’Est de la forteresse. Toutefois, par mesure de prudence, les équipes de travail firent tout de même en sorte d’ouvrir et refermer aussi rapidement que possible le passage. De cette manière, le message était clair. Il nous serait impossible de faire machine arrière. Même si nous revenions un jour, nous aurons alors l’obligation de trouver une autre entrée, acceptant le fait hypothétique d’avoir aussi réussit à éviter les troupes de l’Ombre. Le jour avant notre départ, la forteresse entière était devenue une fourmilière. Il nous sembla que tout le clan cherchait à nous aider dans notre quête, à participer de quelque façon que ce soit. On dit souvent que s’occuper les mains aide la tête à oublier pour un temps les idées de mort, de peur ou le désespoir. Ce jour là, ce dicton prit tout son sens.

J’avais laissé le choix de notre équipement à Meloc et aux trois frères. En tant qu’éclaireurs, ces derniers étaient bien plus à même que moi de choisir efficacement ce dont nous avions réellement besoin. Toute armure lourde était évidemment proscrite, et chacun préféra les mailles légères ou cuirs renforcés, vêtements beaucoup plus pratiques. Même nos bottes reçurent un soin spécial. Avec leur semelle assouplie et les pièces de métal enlevées, l’idée était de réduire au maximum l’empreinte au sol et le bruit émit lors de la marche dans les étroits tunnels. Au final, nous avions rempli nos sac de voyage avec juste le nécessaire : lourdes cordes tressées, outils divers, de nombreuses flasques d’eau et de la viande séchée. Tout notre équipement fut ensuite soit huilé, soit rembourré afin de limiter au possible le bruit. En effet, dans les tunnels où nous allions passé le plus clair de notre temps, le son voyage vite et loin. Dans des cavernes silencieuses, le moindre petit bruit peut prendre des allures de cacophonie et alerter toutes ces choses horribles qui rodent dans les tréfonds de l’obscurité.

J’avais passé ma dernière journée dans l’antichambre des héros, assis à côté des illustres faits de mon père et du père de son père. Ils avaient en leur temps été de grands hommes. Ayant servis en tant que Gardiens des Traditions et généraux lors des guerres, je savais qu’ils approuveraient mes choix. J’espérais juste que leurs esprits pourraient veiller sur moi tout le long de ma quête et passais ainsi mon temps à prier pour recevoir leur force, leur sagesse et savourer le silence de la pièce, seul. Personne ne vint troubler ma méditation, pas de visiteurs, pas de membres de la famille, pas de guerriers offrant ses conseils. J’étais seul avec mes pensées, en paix. Juste avant de quitter ce lieu sacré, je pris le temps de passer les mains sur la surface de pierre polie, portant les gravures des noms de mes ancêtres. Un jour, mon propre nom viendrait aussi s’inscrire ici. Et même si mon corps devait pourrir dans un trou maudit, je savais que mon esprit reviendrait, en ce lieu précis, pour rejoindre ma famille.


Auteur: Eric "Kane" Olson
Traducteur: Fred "Dain" Lipari
Relecteur: Raph "Cerbere" Roose, Nico "Arkane" Delzenne

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