Le Livre du clan Goran. Chapitre 3.

Rédigé par Dain le 28 octobre 2011 | Classé dans Midnight, Textes
Mots clés : midnight, texte

Le Livre du Clan Goran
Chapitre 3: Une troupe hétéroclite

Choisir les membres de l'équipe s'était révélé plus facile que prévu, même si chaque personne désignée allait certainement périr. Malgré moi, je jouais en quelque sorte le rôle d'un bourreau, marchant au milieu des suppliciés et ordonnant qui devait vivre ou mourir. Mes décisions statuaient ceux méritant la nourriture et le confort du clan, et accablaient ceux considérés comme un fardeau. Tandis que je marchais au milieu des miens, je vis de vieux guerriers fuir mon regard, de crainte que je les choisisse et les rende honteux de leurs peurs. Que pouvais-je faire? Les désigner ? Non, je ne pouvais bien évidement pas les choisir, en aucun cas. Pour la bonne réussite d‘une expédition où les chances de succès étaient très faibles, chaque membre de l'équipe devait se sentir plus concerné par le futur du clan que par sa propre survie

Mes deux premiers choix furent aisés. Je choisis rapidement deux guerriers, estropiés par les combats incessants contre l'Ombre. Le premier, répondant au nom de Meloc, avait perdu son bras gauche des années auparavant lors d'un combat contre une des horribles engeances de l'Ombre. Le membre s’était alors retrouvé écrasé avec le bouclier qu’il portait et il n’y avait eu aucun moyen de le sauver. Depuis, avec un seul bras, il ne pouvait plus envisager tenir son poste au sein d'une formation en ligne. Pour augmenter encore un peu plus son sentiment d’être diminué, l’utilisation de ses compétences en tant que chasseur ou artisan étaient devenus plus que difficile. Seule consolation, son tempérament de fer et son expérience du combat étaient restés inaltérés. Je savais en mon fort intérieur que Meloc serait une valeur sûre.

Le deuxième guerrier choisi ne portait quant à lui aucune blessure apparente. Ses plaies à lui se trouvaient à l'intérieur, dans sa tête. Il s'appelait Balten et il était certainement l'un des combattants les plus hardis que je n'ai jamais vu. Mais c'était un homme brisé, si dévasté psychologiquement qu’il était pratiquement revenu au niveau mental d'un jeune adolescent. Son humeur volatile pouvait passer en un clin d'œil d'une joie au rire candide à la rage meurtrière d'un berserker, le rendant imprévisible et donc dangereux. Il avait, heureusement pour nous, gardé toutes ses compétences martiales d'adulte. Il les utilisait juste à la façon d'un enfant jouant à un jeu aussi futile que puéril. Pour peu qu'on le garde à l'œil et le canalise, il pouvait se révéler être un atout majeur.

Les trois recrues suivantes vinrent à moi de leur propre chef, après avoir entendu parler de ma mission. Ces trois là, Darol, Marken et Sul ne faisaient pas réellement partie de notre clan mais étaient en fait des réfugiés d'un lointain clan de l'Est. Tous trois frères, ils faisaient partie d'une force envoyée dans le but de ralentir la progression des troupes de l'Ombre mais, n'avaient jamais eu le temps de rejoindre leur clan à temps. Nous les avions alors trouvé, errants parmi les tunnels et ils avaient finalement décidé de rester avec nous. Aujourd'hui, toute personne proche qu'ils avaient pu connaitre ou aimer était très certainement morte. Mais s'il y avait une seule petite chance de vérifier si leur forteresse avait pu tenir, ils ne laisseraient pas passer cette chance sans agir. Durant les deux dernières années, ils avaient été bien traités par mon clan mais ils s'étaient toujours sentis comme étant des parias, honteux de vivre alors que leur clan pouvait être décimé. Tous trois avaient prouvé être des chasseurs fiables et dignes de confiance et, désormais sans attaches, personne ne serait là pour les pleurer.

Mes deux derniers choix furent considérés comme très singuliers par mes pairs. Le premier, Ammos, était un mineur émérite qui avait été gravement brûlé lors de l'explosion d'une galerie, des années auparavant. Considérant la surface de chair brûlée et les dégâts physiques subis, il m'est encore impossible de comprendre comment il avait pu simplement survivre à ses blessures. Malgré de longues années de convalescence, il semblait toujours souffrir de ses vieilles blessures. Les anciens pensaient qu'il serait un poids mort, un handicap plus qu'un avantage. Mais je connaissais ce gars-là depuis sa naissance et son père et moi avions aussi entretenu une forte amitié, avant sa disparition. Je savais que je pouvais compter sur Ammos car il connaissait la roche mieux que quiconque ici, et j'étais sur qu'il couvrirait nos pas à la perfection. Je dois avouer enfin que mon dernier choix fut le plus surprenant: Un nain sauvageon que nous avions capturé alors qu'il vagabondait dans les cavernes alentours. Sur la base des quelques indices que nous avions pu rassembler, nous en avons déduit que son clan avait du être massacré par des sbires de l'Ombre. Il avait alors probablement déambulé pendant presqu’une année avant qu'on ne le trouve. Durant les nuits, il était enchaîné au sein du clan et considéré comme un chien sauvage. Sans la possibilité de communiquer et de peur qu'il ne se rebelle contre ses maitres, nombreux doutaient de la pertinence de mon choix. Pour moi, si son peuple avait réussi à survivre au beau milieu de terres occupées par les troupes de l'Ombre, à éviter même tout contact, il avait plus que tout autre, un talent utile pour cette mission. Si jamais j'arrivais à contrôler ses capacités, alors peut-être, je dis bien peut-être, certains d'entres nous pourraient finalement espérer revenir à la forteresse sains et saufs.


Auteur: Eric "Kane" Olson
Traducteur: Fred "Dain" Lipari
Relecteur: Raph "Cerbere" Roose, Nico "Arkane" Delzenne

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