
Ce personnage a été joué dans une campagne-croisade dans un monde arthurien, mais du côté des païens contre les forces monothéistes. L’ignorance et la quête de ses origines en font un personnage intéressant à jouer.
Macsen Wledig
Macsen Wledig est né au cœur d’un froid hiver. Il n’a pas connu son père et se rappelle très peu de sa mère, Parisse, décédée des suites de la petite vérole comme tout le reste de sa famille, alors qu’il n’avait que trois ans.
De son père, il ne connaît que le nom : Bedwyr. Celui-ci aurait été un vaillant guerrier, et lorsqu’il partit pour la guerre deux mois après son mariage, ce fut pour ne plus jamais revenir chez lui. Nul ne sait ce qu’il advint, mais beaucoup pensent que le nombre des pillards a eu raison de sa compagnie. Cependant, un autre capitaine qui était tombé par hasard sur les cadavres des membres de la malchanceuse compagnie retrouva le cimeterre de Bedwyr, sans toutefois retrouver son corps. Le capitaine en question a ramené la lame courbe à la fin de la guerre. Cette arme est le seul objet de son père que Macsen possède.
Etant donné qu’il fut le seul survivant à l’épidémie de petite vérole (en grande partie parce que sa mère le nourrissait mieux qu’elle-même en ces jours sombres, en utilisant la part de nourriture qui lui était réservée et elle, celle du bambin.), une branche éloignée de la famille (des cousins au quatrième degré qui habitaient près de la mer) le prit sous son aile et l’emmena dans leur village, Caer Maedûn.
Là, ses proches s’occupèrent de son éducation. Riches, ils payèrent le barde du village, Fergus, afin que Macsen devienne lettré et ce dernier apprit ainsi les chants populaires et les immémoriaux mabinogi (sorte de contes racontant des histoires dont les morales ne sont pas prononcées ouvertement, mais qui peuvent être déduites par tous ceux qui prêtent attention aux mots prononcés). Macsen se montra être un bon élément en chant. Ainsi, il passait ses hivers à étudier et devint vite l’ami du bon Fergus. Vif, il lui suffisait de voir une chose une fois pour qu’il la comprenne, et deux fois pour qu’il la maîtrise à jamais. Il connaissait la nature, les plantes et les animaux à fond. Les étés après son douzième anniversaire, il était mené un peu à l’intérieur des terres, chez un parent de la famille qui possédait une cour d’entraînement. Tous les autres se gaussaient de l’arme qu’il utilisait (le cimeterre de son père), mais bientôt, beaucoup redoutèrent le courroux de cet enfant silencieux au regard sérieux et flamboyant.
Le jour de ses 17 ans, alors que le vieux Fergus avait communiqué la totalité de son savoir au jeune Macsen, ce dernier lui offrit sa harpe, un magnifique objet en bois blanc du Nord. Le barde partit ainsi pour aller mourir dans les terres qui l’avaient vu naître. Un de ses amis druides, Hafgan, vint le chercher pour accompagner Fergus et ce dernier reconnut Macsen comme l’un des siens.
Après un mois d’absence (pendant lequel Fergus avait rejoint ses ancêtres dans la paix et l’espoir), Hafgan revint chercher le jeune homme et l’entraîna dans la forêt, où il le prépara à affronter l’épreuve de Lugsanadahn, la fête de l’équinoxe de printemps. Cette épreuve consistait en une chasse au cerf et celui qui réussissait obtenait l’honneur d’engrosser une druidesse, afin que jamais ne puisse s’achever la lignée des Protecteurs du Peuple.
La chasse fut haletante, mais il réussit l’épreuve en acculant un cerf blanc dans un bosquet et en le finissant au corps à corps. Il eut ainsi le droit de procréer avec une jeune et magnifique prêtresse de la nature, qui repartit satisfaite de son offrande… Hafgan fut fier de lui. Il avait parié avec ses congénères que le jeune homme réussirait du premier coup (d’autres tentaient de réussir depuis des années) et il avait gagné le respect de ses pairs. Il le présenta à eux sous le simple nom de Macsen et beaucoup ne purent soutenir son regard victorieux.
Soudain, l’awen du Barde descendit sur Hafgan (l’awen est une sorte d’état second, de transe, dans laquelle le barde chante et déclame, possédé par l’esprit divin) et il cria d’une voix forte : « Voyez Macsen, le Wledig, différent mais pourtant si proche, qui nous sauvera lorsque viendront les destructeurs de culture. »
Ils furent tous surpris, et très anxieux. Cela présageait la guerre. Ainsi, Hafgan, revenant à son état habituel, décida d’éduquer Macsen afin qu’il puisse s’adonner complètement à sa tâche. Quelques mois plus tard, Hafgan fut élu à la tête de la Confrérie des Druides. Il était un bon chef, juste et loyal.
Les années passèrent sous l’éducation et le savoir formidables d’Hafgan. Ils s’étaient installés dans un bosquet près d’un petit village du nom de Fornost, dans les montagnes. Macsen tomba amoureux d’une jeune fille aux cheveux de jais qui se prénommait Carolein. Il la courtisa longtemps, mais son père, Custennin, un forgeron de haute stature, ne le vit pas de cet œil. Complètement athée, il refusa la main de sa fille à un tel « oiseau de malheur » qui parlait de choses qui n’existaient pas. Dépité, Macsen s’enferma bien plus profondément dans ses études pour oublier ses mésaventures.
Et, lorsqu’il eut ses 23 ans, le moment tant attendu arriva. Des barbares commencèrent à piller les terres, et Macsen fut envoyé là-bas, étant donné que la prophétie d’Hafgan devait avoir lieu.
Elle ne vint jamais. La bataille fut terrible. Hafgan fut tué, ainsi que le reste de la famille de Macsen à Caer Maedûn, résidant près du champ de bataille. Le Wledig récupéra les attributs de Hafgan, son grand manteau gris-bleu, son bâton de sorbier et sa ceinture d’écorce.
[Aparté sur le matériel : Le manteau semble uniformément gris au repos, mais lorsque son porteur se déplace, l’œil exercé y voit des reflets d’un bleu profond et pur. Lorsqu’un barde chante, le manteau devient uniformément de ce bleu éclatant et profond.
Le bâton de sorbier a une écorce gris clair, est droit, semble fin, mais est résistant. Pour les Celtes et les Germains, le sorbier est un arbre sacré qui protège le bétail contre la foudre. Les Écossais lui attribuaient le pouvoir de chasser les mauvais esprits près des maisons. Dans la tradition campagnarde, le sorbier, comme le sureau, porte bonheur aux amoureux. Il est aussi le symbole de la loyauté et de l’engagement, étant donné que son tronc est un des plus droits et des moins noueux existants.
La ceinture d’écorce n’a, de même, aucune particularité, à part le symbole qu’elle représente : s’entourer de la nature pour qu’elle puisse nous protéger. Fin de l’aparté sur le matériel.]
Soit les dieux l’avaient abandonné, soit Hafgan s’était trompé. La Confrérie des Druides avait été presque entièrement détruite et Macsen marchait seul, à l’aveuglette, dans les terres désolées et souillées par les barbares.
Les Rois des provinces se rallièrent et chassèrent les barbares, mais l’alliance ne tint pas et ils se firent ensuite la guerre pendant des années. Macsen, perdant son espoir pour l’avenir des Hommes, décida de se retirer, couvert de honte par sa défaite, deux ans après la fin de la bataille qui l’avait vu perdre son mentor et ami.
Il élut domicile dans une forêt en montagne, où il rencontra les bhean sidhe, un peuple de gnomes aux coutumes étranges. Il lui apprirent à utiliser sa voix pour manipuler les énergies, le reconnaissant comme un druide brillant, mais comme un piètre barde. Pendant cinq ans, il vécut avec eux et apprit vite à maîtriser le pouvoir vocal et celui des mots. Après une partie de chasse solitaire, il revint au camp des gnomes, dévasté. Il reconnut des empreintes humaines, et, empli d’une rage féroce, descendit rencontrer les assassins dans la vallée en suivant la piste encore fraîche des agresseurs. Ils étaient tous en armure, et portaient une croix comme le prétexte de leur massacre.
Ils ne voulurent pas écouter le barde, et le traînèrent dans la boue, attaché derrière des chevaux. Laissé pour mort, Macsen partit se réfugier dans une caverne.
Il y resta longtemps, méditant et attendant un signe des Dieux, rongeant son frein et ralentissant sa fureur, qui explosera un jour à la face du monde contre ceux qui sont orgueilleux au point de s’opposer aux Anciens Dieux et d’imposer un nouveau « dieu », plutôt un pantin, une excuse pour obtenir le pouvoir, aux Hommes Libres des Contrées du Nord.
Ce signe est venu simplement : un corbeau est un jour venu demander conseil (les animaux demandent souvent conseil aux druides lorsqu’ils sont confrontés à des choses nouvelles). Des hommes venaient couper du bois dans un ancien bosquet de druides, lieu sacré par excellence. Que fallait-il faire ? Macsen y alla et parla aux Hommes, qui ne voulurent rien entendre et le menacèrent de leurs haches. Il comprit que les anciens rites étaient oubliés, que malgré son manteau bleu-gris, son bâton de sorbier et sa lame courbe, personne ne le reconnaissait pour ce qu’il était, un Vrai Druide des terres, Barde Porteur de la Sagesse du Peuple. Alors, un orgueilleux prêtre de Jésus s’avança parmi les bûcherons locaux. Macsen comprit que beaucoup de choses avaient changé…
Il était maintenant temps de se découvrir, il sut dès lors ce qu’il devait faire. La prophétie de Hafgan ne concernait pas de simples brûleurs de terre, mais bel et bien ceux qui allaient détruire l’âme du peuple nordique, sa culture, son histoire et sa religion.
Il leva son bâton et le cogna contre le sol. Il prononça les antiques mots des druides et les protections du sol sacré furent réactivées. Les païens furent repoussés et Macsen se dirigea alors vers les villages proches et se rendit compte du passage du temps, qui avait largement blessé les croyances et les traditions.
Il fallait agir, mais seul, la tâche était bien trop grande…
Fin de la Première Geste de la Salvatrice Croisade de Macsen Wledig
Description physique : Macsen fait 1 mètre 90 pour 70 kilos, il est donc plutôt maigre. Ses cheveux châtains lui descendent jusqu’à la base de la nuque et sa barbe est taillée au carré. Ses yeux sont mauves et virent au bleu pur (on ne voit pas même plus le blanc de ses yeux lorsqu’il est vraiment énervé. Là, il chante en général des psaumes de guerre à la gloire des Dieux et des intrépides guerriers.) en cas de fureur intense.
Il possède le manteau d’Hafgan, son bâton de sorbier, sa ceinture d’écorce, le cimeterre de son père, la harpe de maître de Bedwyr, de vieilles bottes souples lui montant jusqu’à mi-mollet, des sortes de gants en toile, maintenus par des ficelles, lui laissant les phalanges libres (pas des mitaines, les doigts ne sont pas enveloppés), une unique paire de braies très usées et une chemise dans le même état, heureusement un peu cachée par une armure de cuir datant de l’époque de la guerre contre les barbares.
On ne voit généralement pas ce que Macsen a sous son grand manteau gris. Il a souvent l’air d’un pèlerin misérable. Mais sa haute stature reste impressionnante. Et quand il se met à parler, sa voix puissante et ferme fait souvent se taire tous ceux qui l’entourent. Alors, ce qu’il dit nous amène à la…
Description morale : Macsen a un but ultime : restaurer le culte des Anciens Dieux comme il a toujours été et garder l’équilibre entre les races. Il sait que le christianisme poussera les humains à se sentir conçus à l’image de Dieu et à considérer ceux qui ne le sont pas comme suppôts du Démon, donc tout juste bons à être détruits.
Il ne veut forcer personne, mais leur faire comprendre les dérives de cette théologie.
Il sait que l’adoration d’un seul Dieu mène à la concentration des richesses et à l’exécution de travaux titanesques et coûteux, qui détruiront le désintéressement de cette religion pour l’or et la fortune.
Il ne voit pas ce que ce nouveau dieu apporte, puisque tout ce qui était souhaitable était déjà présent chez les Anciens.
Il ne prêche pas ouvertement pour la bonne parole, mais utilise le fait qu’il n’existe plus beaucoup de Vrais Bardes dans les Terres du Nord. Quand il chante, ce qui lui est souvent demandé, il utilise des métaphores pour dénoncer ce qu’il veut, haranguer les foules. Il sait que les hommes ne croient pas tant ce qu’ils entendent des autres que ce qu’ils comprennent d’eux-mêmes. Donc, il leur laisse comprendre les métaphores par eux-mêmes.
En cela, il est très diplomate, et le reste du temps, évitera toujours le combat, si cela est possible.
Il sait qu’on n’écoute pas beaucoup celui qui parle trop, donc, il économise sa salive pour ne dire que l’essentiel.
Macsen est quelqu’un qui porte et se laisse porter par son environnement. Il est le gardien de ce qui l’entoure, mais ne considère personne comme son supérieur ou son inférieur. C’est pour ça que son alignement est Neutre. A part la religion et les lois qui en découlent, il ne s’intéresse pas aux systèmes politiques, à la justice des rois, à l’appât du gain ou du pouvoir.