
Ce personnage très intéressant a pris part à la campagne de Westeros. La révélation des pouvoirs cléricaux, rarissimes, passe donc ici pour un miracle. Le personnage est donc étudié pour un univers de low-fantasy, mais peut être adapté à tout univers en modulant la portée et la puissance des dons divins intitiaux.
La jeunesse d’Orlock Frey
Denea Harding, arrière-petite-fille de Ser Humphrey Harding, jouteur de renom pendant le règne de Daeron II Targaryen, donna naissance à son premier enfant, Orlock Frey, il y a 17 ans dans la forteresse des Jumeaux, où son mari, Mychel, un des nombreux petit-fils de Lord Walder Frey, l’avait emmené juste après leur mariage.
La sœur jumelle de Denea, Rita Harding, semblait posséder des dons qu’elle disait avoir obtenu des Sept. Il s’en était fallu de peu pour que le petit peuple ne la traite de folle ou d’hérétique, mais sa stérilité provoquait plus de compassion aux yeux du monde qu’autre chose. Beaucoup de gens pensaient que Rita était en quelque sorte «maudite» et que ses humbles pouvoirs, qu’elle n’utilisait qu’en cas d’absolue nécessité, lui avait été donnés par les Sept (justes et bons) en compensation de son handicap. Elle savait soigner les autres, deviner les mensonges et bien d’autres choses encore. Mais Rita refusa toujours d’utiliser ses pouvoirs divins pour autre chose que de servir les autres. Tant et si bien que lorsqu’elle tomba gravement malade, un peu après le départ et le mariage de sa sœur jumelle, elle se laissa doucement dépérir, afin de, disait-elle, «ne point déranger son Dieu dans son harassant labeur». Malade, chétive, aux portes de la mort, Rita envoya quelques jours avant l’accouchement de sa sœur un énigmatique message aux futurs parents des Jumeaux : «Ils rejailliront par toi…». Personne ne comprit ce message et on en déduit que Rita avait perdu la raison.
L’accouchement se déroula sans trop de difficultés et Denea donna naissance à un joli bébé mâle, l’héritier putatif de son père Mychel Frey.
Bien que la Maison Frey soit riche, elle est aussi extrêmement importante de par le nombre de descendants. Les arrière-petits-fils de Lord Walder ne sont ainsi, pris individuellement, guère plus riches que des marchands communs de la capitale. Mais comme la très grande majorité de la famille vit avec sa marmaille omniprésente aux Jumeaux, cela ne pose pas trop de problèmes.
On apprit deux semaines après l’accouchement que Rita Harding était décédée une heure avant qu’Orlock Frey ne naisse.
Orlock apprit à lire et à écrire vers ses 5 ans. Son éducation se passait plutôt bien, ses mentors étaient satisfaits de ses avancées scolaires, de son calme, de sa volonté d’apprendre et de sa bonne tenue, bien qu’un peu étonnés par sa ferveur à apprendre tout ce qui touchait de près et de loin à la religion des Sept.
Vers 9 ans, son père l’initia au maniement des armes et quatre ans plus tard, il excellait à l’épieu long et au morgenstern.
Sa ferveur religieuse l’amena tout naturellement à vouloir devenir septon, malgré la déception de son père (qui le laissa tout de même, en père comblé, suivre son cheminement, puisqu’il possédait tout de même deux autres fils et une fille).
Ainsi, le Septon Paul des Jumeaux lui enseigna tout son savoir dès les treize ans du jeune homme. Orlock servait aux offices, secondait le Septon dans les tâches quotidiennes, apprit même à dire la messe et passait le plus clair de son temps libre à prier.
Un événement vint chambouler sa vie lors de son seizième anniversaire. Une petite fête était célébrée pour commémorer le jour de la naissance d’Orlock, mais malgré les dix personnes présentes, son père, lui manquait plus que tout autour de la table.
Se levant soudain, il s’habilla chaudement et partit à pied retrouver son père, qu’une affaire de puits asséché retenait au hameau voisin. Une fois entré dans le petit village, il trouva son père et quelques paysans en grande discussion sur la cause de ce malheur. Certains parlaient de malédiction, d’autres de phénomènes naturels, mais aucun n’arrivait à s’accorder avec son voisin. Orlock vint trouver son père et tenta de le convaincre de rentrer chez eux afin de passer une bonne soirée en famille, mais c’était inutile, car Mychel voulait mettre un point d’honneur à régler cette insoluble affaire de puits.
Le cœur lourd, Orlock marcha, traînant les pieds, en attendant que son père eut fini de parlementer avec les villageois. Le crépuscule allongeait déjà les ombres et le jeune homme se trouva devant le fameux puits. Il regarda à l’intérieur et n’y vit qu’un trou noir béant. Il posa ses coudes sur le rebord et commença à réfléchir. «Si seulement ce puits n’était pas sec, alors…» Il arrêta sa réflexion en sentant un léger picotement au bout de ses doigts. Orlock se sentait étrangement bien, tout en sentant un changement au fond de lui. Il se rappela des histoires de sa mère sur sa sœur jumelle, se rappela son message, qui arriva peu avant sa naissance : «Ils rejailliront par toi…» Mais qui ? Les Sept ? Et pourquoi pas ?
Alors Orlock se concentra jusqu’à ressentir le picotement qui l’avait auparavant distrait. Puis, il supplia les Sept de sauver d’une manière ou d’une autre ces villageois de leur carence en eau. Orlock ferma les yeux, tout en sentant une présence qu’il n’aurait su qualifier. Il entendait le doux bruissement d’une cascade dans une forêt profonde, se vit au bord d’un océan. Quand il rouvrit les yeux, la nuit était définitivement tombée. Il avait dû être «absent» pendant plusieurs minutes. Il regarda à nouveau dans le puits, complètement désespéré… et y vit la lune. L’astre blanc se reflétait dans l’eau pure et fraîche du puits, maintenant aussi plein qu’un ivrogne dans une cave à vin.
Aux cris de joie d’Orlock, les villageois et Mychel Frey accoururent et virent le miracle. Certains sautillaient gaiement en remerciant les Sept de leur bonté, d’autres, moins croyants, se demandaient comment cela avait été possible.
Après avoir passé une formidable soirée d’anniversaire en compagnie de toute sa famille, Orlock se rendit compte les jours suivants que les gens et certains nobles jasaient beaucoup au sujet du «Mystère du puits», comme on se plaisait déjà à nommer l’affaire. Beaucoup montraient du doigt le rejeton de Mychel Frey. Lui et son père furent la cible de maints quolibets dans les deux semaines qui suivirent.
Ces deux semaines furent la période pendant laquelle Orlock se décida à quitter les Jumeaux, afin de ne plus être une source de problèmes pour sa famille et ses parents. Denea et Mychel, éplorés, offrirent à Orlock une armure feuilletée aux armes de la famille, une morgenstern et un épieu long, ayant tous deux appartenus au père de Mychel.
En pleurs, ils laissèrent partir ce fils si brave qui se sacrifiait pour l’honneur et le bien-être de sa famille.
Orlock fixa sa première étape : la Foire de Moat Cailin, où il comptait trouver un symbole religieux et des récits relatifs à d’autres personnes qui auraient eu des dons similaires aux siens.